Les fruits imaginaires de Kaori Kurihara.
Les fruits imaginaires de Kaori Kurihara.

Les fruits imaginaires de Kaori Kurihara.

Née en 1987, Kaori Kurihara est diplômée de céramique d’art de l’université Seika de Kyoto au Japon(2010), de bijoutier et créateur de bijoux de l ’AFEDAP à Paris (2014). En 2016, elle installe son atelier à Paris.

Kaori crée sa propre nature à travers la céramique
Elle travaille l’argile sans utiliser d’outils de traçage géométrique
Elle a reçu le Prix de la Jeune Création Métiers d’Arts 2015.

« La forme et l’ordre, comme dans le Nombre d’Or, m’interpellent et m’attirent visuellement. Cette beauté inspire un sentiment de bien-être, une harmonie avec la nature, et c’est ce sentiment que je souhaite représenter et partager. » Dans sa série de céramiques poétiques, Kaori Kurihara crée des sculptures à la fois réalistes et inspirées par son imagination magique. Initialement inspirée par le durian, elle explore la forme de cette plante asiatique dans ses sculptures, « créant la forme en introduisant un ordre naturel ».  Son vaste champ de connaissances lui permet de mélanger subtilement les techniques, comme l’émaillage de ses sculptures en céramique très détaillées.

5

Soleil de neige, 2024

Son parcours

«L’origine de ma création est le plaisir visuel procuré par la contemplation de l’ordre du monde naturel. Depuis 17 ans, je travaille sur cette série, pour faire naître un bel éventail de mondes végétaux. Le déclic a été la découverte du durian, un fruit dont la forme m’attirait, sans que je comprenne pourquoi. J’ai continué à observer la nature, et à chercher les motifs qui me fascinaient par leur apparence visuelle. Après avoir passé environ 10 ans à explorer, tout en créant des œuvres basées sur mes ressentis sensoriels, j’ai finalement réalisé que j’étais attirée par la séquence des mondes qui existe dans la nature, comme le nombre d’or. Cette connaissance basée sur l’expérience et non sur un savoir académique découvert dans les livres a permis à ma créativité de s’exprimer en toute liberté. Après avoir compris ce qui me fascinait, j’ai pu constater dans les livres de botanique que mes connaissances sensorielles ne s’étaient pas trompées, et que mon attrait pour le nombre d’or dans le règne végétal provenait de son caractère vivant et vital.

7

Les contours du printemps, 2025

Son parcours

« Depuis cette prise de conscience, le moteur de la création de mes sculptures est de ressentir la façon dont les plantes poussent et s’arrangent, comme si j’étais moi-même une plante. Alors, pendant la fabrication, j’imagine que je me développe en tant que plante. Le paradoxe est que les plantes ne se demandent pas quel genre de fleurs fleuriront à l’avenir, c’est la nature qui dicte le résultat. Ainsi, comme je souhaite que mes plantes aussi poussent naturellement, je ne fais pas de croquis préparatoires, je les fais pousser librement, sans connaître ni la forme, ni la couleur de ma sculpture, avant que ce processus ne progresse. Je voudrais exprimer l’éclat des êtres vivants, parce que je vis. »

6

Comment procédez-vous ?

« Depuis plusieurs années, je suis attirée par la nature et les formes géométriques qui la composent. Le monde végétal, qu’il s’agisse de fleurs ou de fruits, m’inspire et je tente de reproduire ses merveilles en conservant une certaine harmonie et une uniformité.

Je pratique la poterie en colombins. Cette technique me permet de travailler librement une forme principale sur laquelle je vais placer en pastillage une multitude de petits éléments décoratifs. Une fois cet habillage terminé, je laisse sécher la pièce à peu près trois mois puis je la colore et je l’émaille. »

14
11

Comment obtenez vous une telle harmonie au niveau de la forme finale ?

« Lorsque le biscuit est coloré, je pose l’émail avec beaucoup de patience et précision. Je cherche un rythme, une poésie visuelle et des nuances qui varient selon l’angle de vue du spectateur.
Chaque oeuvre nécessite combien de cuisson au four ?
En moyenne deux. L’une avant l’émail et l’autre après. Sur certaines pièces cependant, je rajoute de petites dorures ce qui entraine une troisième cuisson. »

12

Fleur de percussions, 2024

13

Combien de pièces concevez vous par an ?


« À peu près une dizaine car, même si j’en fabrique plusieurs simultanément, chaque céramique nécessite aux alentours de deux mois de travail auxquels s’ajoute une longue période de séchage. »

15
17

La pose du chardon, 2025

Comment définiriez-vous votre approche de l’argile ?

« La définition change au fil du processus de création. Pendant la création, je me sens en harmonie avec l’œuvre, je la ressens. Une fois terminées, mes œuvres sont indépendantes. Elles sont là grâce à notre sensation partagée. Je les connais bien, et elles me connaissent bien. J’ai l’impression qu’une masse de mes sens se trouve ailleurs que dans mon propre corps. »

18

Horloge printanière, 2023

Quand et comment avez-vous réellement commencé ?


« J’hésitais entre la céramiste et la joaillerie. En 2015, j’ai reçu le Prix de la Jeune Création Métiers d’Art pour ma création en céramique. Grâce aux expositions organisées dans le cadre de ce prix, j’ai reçu de nombreuses commandes pendant un an. J’ai alors décidé de m’engager sérieusement dans cette voie. »

22
23

Qu’est-ce qui fait pour vous un objet bien fait ?


« Je souhaite que l’œuvre finie soit autonome, c’est pourquoi je la crée entre le conscient et l’inconscient, ou plutôt, je fais en sorte que les formes et les couleurs répondent aux souhaits de l’œuvre elle-même. Si je regarde l’œuvre finale et que je ne me souviens pas de l’avoir réalisée moi-même, j’ai le sentiment d’avoir réussi ma mission de la manière la plus idéale. »

24

Combien de cuisson au four pour chaque œuvre ?

« En moyenne deux. L’une avant l’émail et l’autre après. Sur certaines pièces cependant, je rajoute de petites dorures ce qui entraine une troisième cuisson. »

Au-delà de l’arabica, 2022

27

Combien de pièces concevez vous par an ?

« À peu près une dizaine car, même si j’en fabrique plusieurs simultanément, chaque céramique nécessite aux alentours de deux mois de travail auxquels s’ajoute une longue période de séchage.
Je suis dans mon atelier, je prends mon temps pour m’assurer que j’obtiens la « sensation vivante. Je parle avec la terre, j’écoute la terre. C’est ça la céramique.
Respirer profondément, puis aller de plus en plus loin. Vers quelque part où est chaleureux. « 

28

Si vous êtes deux, 2022

« Avoir du temps n’est pas proportionnel au fait de trouver de bonnes idées. Créer dans la vie quotidienne une atmosphère propice à l’émergence de bonnes idées.
En soi, cela prend beaucoup de temps. Car ni la pensée ni l’esprit ne sont constants. J’ai mis des mimosas dans l’atelier et la cuisine. La lumière est revenue. »

« Les plantes sont toujours au même endroit, mais elles montrent toujours des visages différents lorsqu’elles s’abandonnent au vent et à la lumière. Il n’y a pas de barrières linguistiques et elles sont toujours divertissantes. C’est ce que j’aime chez elles. »

Camélia dansant le matin, 2024

32
33

16 commentaires

  1. Ghislaine Lavoie

    OHhhhhhh! MERCI! C’est d’une incroyable originalité! Comme il est merveilleux de penser que, pendant que les uns préparent des armes, d’autres ne font que du Beau! Et nous parlent de la Vie…

    1. Sylvia

      Génial. D’ abord l ‘originalité et la source d’ inspiration. La nature lui donne des exemples d’ une architecture végétale parfaite. Ensuite, sa façon de penser le mode d ‘exécution, se prende pour une plante. Un très beau documentaire. Merci pour cette découverte enchantée.

  2. Christian

    Merci Véro 🥰🙏
    Je ne connaissais pas et franchement : coup de cœur total ❤️
    Quelle finesse, quelle délicatesse, quelle beauté si fragile… c’est d’une poésie dingue…
    Tu m’as fait découvrir une pépite, j’adore 🥹✨

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *