J’aime profondément l’Automne. La Nature nous conte ses couleurs précieuses tout en glissant vers le plus mystérieux des sommeils, celui de l’Hiver. On s’enivre de clarté changeante, on se régale de fruits et de légumes chatoyants, on cède à la poésie de la brume et on se laisse emporter avec les feuilles qui dansent.
Source d’inspiration de nombreux poètes et artistes, l’automne est perçue comme la saison du bonheur tranquille et de la mélancolie créatrice. Si votre âme estivale souffre chaque année des « sanglots longs des violons de l’automne » (Verlaine), voici des œuvres aux couleurs chatoyantes qui vous réchaufferont le cœur.
Les principales particularités de l’automne, ainsi que les plus classiques et les plus célèbres, qui sont devenues des symboles par excellence de la saison, sont la chute des feuilles, la forte concentration de couleurs brunes et rougeâtres dans la nature, les pluies abondantes et les fruits typiques de la saison. Tous ces éléments distinctifs ont été immortalisés, parfois même en faisant explicitement référence à la période automnale, par les plus grands peintres de tous les temps, qui ont su rendre avec talent la poétique mélancolique de la saison, donnant lieu à certains des chefs-d’œuvre les plus inoubliables de l’histoire de l’art.
L’automne à New York de Kaoru Yamada
Porte Sanmon, érable en automne de Myamoto Shufun, 1950. Gravure sur bloc bois.
Artiste graveur contemporain parmi les plus importants japonais .
Ses œuvres dépeignent souvent des paysages romantiques et des scènes naturelles sereines, avec des gradations de couleurs agréables, elle adore représenter les saisons dans chacun de son déclin .
Illustration de Gaelle Boissonnard
Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
« Autumn wind » de Pham Ánh, artiste vietnamienne.
» Sentier arboré en automne », 1902, Hans Andersen Brendekilde, (Danois, 1857-1942)
« J’aime l’automne, cette triste saison va bien aux souvenirs.
Quand les arbres n’ont plus de feuilles, quand le ciel conserve encore au crépuscule la teinte rousse qui dore l’herbe fanée, il est doux de regarder s’éteindre tout ce qui naguère brûlait encore en vous ».
Gustave Flaubert (Novembre)
« Le Verger » de Rosanna Tasker (illustratrice britannique)
« Automne » (vers 1900 ; huile sur toile, format 101,5 cm x 58,5 cm) de John William Godward (1861–1922)
« Tendues par la bourrasque, les olives blanchissent
Comme des lutteurs chenus courbés par le travail
Et, avec la vigne, leurs branches s’éclaircissent
Pour remplir nos cuves où l’été s’attarde
Dans l’écume rouge et l’huile dorée du soleil.
Bientôt, sur le bûcher vivifiant de notre foyer,
Leurs tiges pourries s’effondreront :
Et tel un feu rubis et haletant,
Le raisin rougira sur vos doigts
À travers le cristal éclairé de la coupe. »
– Roy Campbell, Automne (extrait)
« A Windy Day » (1908) de Jessie Willcox Smith, (Illustratrice américaine, 1863-1935)
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« La Fée d’automne » (1919) par Ida Rentoul Outhwaite
J’aime les rafales capricieuses qui secouent
la fenêtre tout au long du jour
et qui arrachent de l’orme moussu
la feuille fanée
la faisant tournoyer près de la vitre
avec des milliers d’autres au bout du chemin
J’aime voir la brindille tremblante
danser jusqu’à la tombée de la nuit
le moineau sur le toit du cottage
dont le chant ferait croire
que le printemps venait juste de flirter
sur les genoux des fleurs d’été pour se reposer.
John Clare, Automne (extrait)
« Nymphe des Bois » (1920 ; aquarelle sur bois; 30,5 x 21,6 cm) par Albert E. Smith
Voyez ! La pâle aube d’automne
Est faible, sur la pelouse
Qui s’étend d’un blanc poudré
D’une lumière de givre
Et maintenant, d’arbre en arbre
La brume fantomatique que nous voyons
Suspendue comme un linceul d’argent
Pour tout sanctifier.
Elle enveloppe l’air chargé
Si étrangement partout
Que je pourrais presque craindre
Ce silence lugubre
Où nul oiseau chanteur ne chante
Et rêver que des créatures magiques
Puissantes par la haine ou l’amour
Étaient tout près au-dessus.
Blanc comme le brouillard et beau
Dérivant dans l’air
Dans des danses magiques, la terreur
Au-dessus de ma tête.
Pourtant, ceux-ci devraient me connaître aussi
Amant et serviteur fidèle,
Celui qui a bien honoré
Le sortilège mystique
Des heures les plus solennelles de la terre
Où les anciens pouvoirs
De la dryade, de l’elfe ou du faune
Ou du lutin
Souvent leurs visages se sont montrés
À moi qui marchais seul
Rivage de la mer ou marais hanté
Ou montagne Glen
C’est pourquoi je ne craindrai pas
De parcourir les bois sereins
En ce jour d’automne
Loin, très loin. »
C. S. Lewis, Le Matin d’Automne
Fleurs couleurs d’automne, par Marc Chagall
« L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur,
Les longs jours sont passés, les mois charmants finissent.
Hélas ! Voici déjà les arbres qui jaunissent !
Et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Victor Hugo
« L’automne au centre » de Petr Vikhor (artiste ukrainien)
Série « Mon cher Kharkiv » 2024, huile, papier 15×20 cm.
Marion Alexandre Cantaloube, artiste française contemporaine
« L’estaque » d’André Derain, (1905)
Nature morte de Paul Cézanne, « Le Vase Fleuri », 1896.
Olga Wissingen Florian (autrichienne, 1844-1926), Feuilles d’automne. Collection privée.
« Jeune fille aux yeux bruns dans un paysage d’automne »,
1920-1929, huile sur carton.
Masa Feszty (1895–1979) était une peintre hongroise connue pour ses portraits et ses figures. Elle représentait souvent des femmes au visage serein. J’aime beaucoup le regard détourné du modèle dans ce portrait, entouré par les arbres aux teintes dorées de l’automne ; il dégage une émotion intense.
« Automne » de Gordon Mortensen
« Automne » de Natalie Salbieva
Lithographie originale « L’Automne », issue de la célèbre série de panneaux décoratifs Les Saisons (1896) réalisée par l’artiste tchèque Alphonse Mucha, né le 24 juillet 1860 à Ivančice et mort le 14 juillet 1939 à Prague , figure emblématique de l’Art nouveau.
« Profil de femme et datura » (1899-1900)
Broche-pendentif Art nouveau créée par l’artiste et joaillier français René Lalique.
Réalisée en or 18 carats, émail, péridot (ou pierres de couleur) et rehaussée de fines pierres précieuses, cette pièce associe un profil féminin à des motifs floraux de datura (aussi appelé « fleur de lune » ou « herbe du diable »).
C’est un chef-d’œuvre de virtuosité technique qui illustre l’approche révolutionnaire de la joaillerie propre à René Lalique. Plutôt que de miser uniquement sur de gros diamants étincelants pour afficher la richesse, Lalique a combiné matériaux précieux et non précieux, choisissant chaque élément pour sa couleur, sa texture et sa luminosité poétiques.
La technique de l’émail « plique-à-jour » crée un effet de vitrail translucide laissant la lumière traverser directement les pétales. Le travail de l’émail se distingue par des transitions de couleurs douces et magistrales — mêlant verts opalescents et blancs laiteux et pâles — qui restituent le caractère organique d’une véritable fleur.
Lalique a utilisé la nature toxique du datura (surnommé « l’herbe du magicien ») comme une métaphore subtile du thème de la femme fatale, à la fois séduisante et dangereuse.
L’œuvre est conservée au musée Lalique.
« Magie d’automne » de Tarn Ellis
« L’Automne » (1912), huile sur toile par Franz Dvorak.
Franz Dvorak (1862-1927) était un peintre tchèque. L’Automne porte une corne d’abondance remplie de fruits et une couronne de tournesols ; elle incarne la fête de la moisson et des fleurs. En 1905, il revint à Prague et s’installa dans une maison avec atelier au bord de la rivière, où il vécut jusqu’à sa mort. Durant son séjour aux États-Unis, il avait découvert les courants de la « nouvelle spiritualité » et tenté d’intégrer la spiritualité orientale à sa peinture. Ces centres d’intérêt influencèrent sa sœur Helena, qui traduisit plusieurs classiques de l’occultisme en tchèque. Pendant une grande partie de sa vie, il fut plus célèbre à l’étranger que dans son propre pays ; sa première exposition majeure à Prague n’eut lieu qu’en 1907.
Vassily Kandinsky, « Automne en Bavière », 1908, Centre Pompidou.
Rouge, orange, jaune…Kandinsky, à travers sa palette vive caractéristique, nous offre sa version de l’automne et re-dynamise la perception monotone qu’on lui associe souvent. Les grands noms de l’Histoire de l’Art ont si bien peint l’automne que l’on pourrait croire, en regardant par notre fenêtre aujourd’hui, que la saison a perdu sa beauté d’autrefois… Mais nos automnes ne sont pas plus tristes que ceux de Monet, Van Gogh, Klimt, Müller-Kurzwelly ou Kandinsky ! Il suffit de faire preuve d’observation. Et, si vous n’êtes pas convaincus, les tâches jaunes qui bourgeonnent sur la rue bavaroise peinte par Kandinsky sont là pour vous rappeler que, comme l’a si bien formulé Camus, « l’automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur ».
Đặng Can représentant une femme vêtue d’un áo dài traditionnel blanc sous un arbre aux feuillages rouges.
Peinture de Zhao Guojung
« Paons d’automne » de Colleen Parker.
Herbstmeer VII (Mer d’automne VII), réalisée par l’artiste allemand Emil Nolde en 1910.
Joan Miró, « Femmes armées de faucilles », 1938.
Edvard Munch, « Forêt d’ormes en automne », 1919
« Autumn Leaves » de Catrin Welz-Stein.
« Pommier aux fruits rouges », une peinture à l’huile réalisée en 1902 par l’artiste français Paul-Élie Ranson.
Aujourd’hui nous avons l’automne au soleil, mais que les feuilles sont belles lorsque les peintres en font des merveilles..
Bon week-end chère amie, et bravo pour tes magnifiques diffusions ici et autre part comme F.B.
Bise..🥰☀️🍁💐
Magnifique ! 🙏 ❤
Merci pour ce beau partage ! L’automne avec ses couleurs chaudes.
Merci Véro pour ce magnifique partage qui capture toute la poésie et la beauté de l’automne, entre mots inspirants et douces couleurs 🥰🙏
Une vraie bouffée d’inspiration 🍂🍁🎨
Magnifiques oevres et très beaux textes. En octobre je suis prise par la nostalgie et la diversité de couleurs, de formes, l’ abondance sont une belle consolation.
Ton documentaire est exceptionnel. À revoir absolument.
Très beau Véro merci.
Bisous ❤️❤️❤️
Chez nous, où il n’y a pas ou si peu de printemps, les couleurs de l’automne dépassent tout! Cette flamboyance est un miracle et pertout peintres et poètes en sont éblouis! Merci de nous offrir la beauté en cadeau.